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Une anti-éloge sur la tombe d’Alfred Jarry

"Le poète est acceptable seulement après sa mort, peut-être cent ans après, quand les explosifs astringents du coeur du poète ont eu le temps de se calmer. Tant qu’il est vivant, ils sont trop puissants... " Antonin Artaud

Présenté pour la première fois à Barcelone le 1er novembre 2007, à l’occasion du centenaire de la mort d’Alfred Jarry.

A travers ses recherches, Alfred Jarry voulait reconstituer sa propre genèse. Ce travail phénoménal est tout simplement l’étude de l’organisme vivant, de sa forme la plus embryonnaire à sa forme la plus élaborée. Dans ses écrits et dans ses interventions, Jarry n’eut de cesse d’illustrer ce processus minutieux, procédant par étapes récursives, tout comme si son discours ainsi que sa propre existence se construisaient en spirale. Cette forme de pensée, très particulière, généra une littérature et un théâtre qui se nourrissent de la tension entre deux opposés : les réalités hypothétiques et des univers additionnels. Son art lui a permis d’accèder à une liberté supérieure. L’acte même d’individualisation constitue à ses yeux le propre de la vie et se doit d’assurer la transformation de chaque journée en un véritable théâtre de métamorphoses. Ce processus de création, Jarry l’analysa dès son plus jeune âge, et jusqu’à la fin de sa vie, il le respecta en allant jusqu’au bout de sa démarche. Nous commençons notre création là où la sienne s’arrêta.

L’Armature de l’Absolu retrace une hypothétique ontogenèse de Jarry… depuis sa mort. L’œuf fécondé, point de départ de cette étude, est le folklore qui règne autour de Jarry et de la « pataphysique ». L’embryon, dont on suivra de multiples étapes de développement, représente une personnalité, mais aussi toutes ses créations. L’œuf - ou l’embryon - désigne le point exact de la concomitance entre une œuvre et un individu. Et Jarry, tel un professeur émérite, pointait cette théorie du bout d’une baguette. Les œuvres et les créations survécurent à une mort banale. Jarry était conscient de cette probable postérité. Dès lors, demandant « seulement » un cure-dent avant de mourir, il s’associait définitivement à son œuvre, et s’ouvrait lui-même la voie de l’éternité. Ceci est l’histoire d’un homme qui a évité la mort en s’identifiant de façon absolue à ses créations et laissant le pouvoir à l’imagination.

La narration n’est pas linéaire, elle travaille sur les boucles et la spirale : chaque élément revient au cours du spectacle, mais sous une forme différente, ayant subi une légère transmutation. Au spectateur de suivre le parcours des choses... Sachant que c’est Jarry lui-même qu’on suit, après sa mort, renaissant sans cesse, impossible à enterrer, multiplié sur scène, incontournable. Le lieu où se déroule l’action est l’univers physique de Jarry, sa chambre, la rue, son oeuvre. Il y a une volonté évidente à créer un spectacle total en utilisant un maximum d’éléments visuels, en soignant les détails, le jeu de lumière et le son. Vous pourrez également retrouver dans le spectacle des références au canard digérateur créé par Jacques de Vaucanson, à la marionnette traditionnelle (Mister Punch...), le Pape Jean-Paul II, à la Vierge mais aussi Elvis, Panurge, etc.

Synopsis

Prologue : “Vent ton âme avant qu’on l’étrangle.”

L’acte 1 :

Sur son lit de mort, Jarry reçoit l’absolution, et un cure-dent. Il rencontre alors le « Jarry plus grand que Jarry », puis il est écrasé sous le poids d’Ubu.

L’acte 2 :

Présente Ubu, l’assassin autochtone et scatophile : le golem, cet être artificiel à forme humaine, qui rendit Jarry célèbre un peu plus chaque jour après l’avoir révélé, prenant ensuite le pouvoir de manière vampirique sur sa vie publique. Cet Ubu renvoie à la tradition Ubuesque classique de la bataille entre les forces du pur et celles de l’impur, du propre et du sale, étant cette fois constipé et s’avilissant continuellement. Ubu est accompagné par ses trois acolytes et un Artaud momifié. Il révèle sa maîtrise du monde matériel et explique les raisons de ses cent années de constipation.

L’acte 3 :

Se déroule dans la vie privée de Jarry : le personnage Docteur Faustroll, l’autre visage de Jarry- Janus, qui à travers des cartes postales télépathiques, rend compte de rencontres et de camaraderie lors de moments passés en ermitage ou de voyages dans le temps. Accompagné par son huissier et son babouin, Faustroll voyage aux confins de l’Eternité dans le but d’envoyer sa dernière carte postale à Jarry. La momie huileuse, Artaud, prépare son bateau pour un voyage de 100 ans.

L’acte 4 :

nommé "la Passion punaisée" dépeint le mariage de Jarry avec sa bicyclette et une série primordiale et infinie de chutes qu’il surmonte en remplaçant une idée fantaisiste par une nouvelle encore plus fantasque. Narrée en usant de la terminologie mystérieuse de la culture du vélo, c’est l’histoire de quelque chose qui s’envole et achève le cycle.

L’acte 5 :

Canonisation par le Pape Panurge.

Épilogue : “Il fait son trou sans mot souffler.”

l’équipe

Patrick Sims (EU) : Auteur, metteur en scène, décor, marionnettiste, musique

Mafalda da Camara (P) : marionnettiste, décor, costumes et accessoires

Richard Penny (UK) : marionnettiste, décor, machines

Philippe Hauer (F) : Acteur, marionnettiste

Julian Weare (UK) : création lumières

Oriol Viladomiu (E) : son

Ata Ebtekar (aka Sote) (Iran)Musique - ’persian electronic music : yesterday and today 1966 - 2006’ Sub Rosa Records

Josephine Biereye (D) : masques et accessoires

Portfolio

Faustroll bosse de nage Les Palotins 2 Jarrys
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